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Exposition en cours


Date début : 13/12/2014

Date fin : 15/02/2015

Feuille(s) choisie(s) : photographies

des collections du musée Unterlinden

 

L’exposition-dossier Feuille(s) choisie(s) : photographies permet d’aborder la diversité de la technique de la photographie, du XIXe au XXIe siècle, à partir des collections du musée Unterlinden. C’est la dernière présentation du cycle de 3 expositions-dossier consacrées aux œuvres sur papier conservées au musée Unterlinden.

En 1848, naissait, sous l’impulsion de Louis Hugot, la Société Schongauer dont le but initial était de réunir à Colmar une collection d’estampes et de dessins. Aujourd’hui encore, elle préside aux destinées du Musée Unterlinden. Dans ce contexte, le choix du graveur colmarien Martin Schongauer (vers 1445-1491) comme figure tutélaire n’est sans doute pas un hasard et illustre le poids de l’art graphique dans les collections du musée.

Comme un retour sur son histoire et avant le redéploiement de ses collections dans le bâtiment réaménagé par Herzog & de Meuron, le Musée Unterlinden a souhaité mettre en valeur la diversité de son cabinet d’art graphique dont certaines feuilles restent méconnues.
Pour le musée, c’est également une occasion unique de rendre hommage à ses donateurs illustres qui ont contribué et contribuent encore à enrichir ses collections.

La fragilité des techniques et la sensibilité des papiers à la lumière nécessitent une exposition sous une faible intensité lumineuse afin d’assurer leur parfaite conservation.

 

La collection photo du musée Unterlinden

Si la présence du retable d’Issenheim au sein des collections du musée Unterlinden lui apporte une célébrité internationale, elle a également le désavantage de projeter dans l’ombre un pan important des collections. Qui connait aujourd’hui, hormis quelques spécialistes ou amateurs avertis, l’existence du fonds photographique d’Unterlinden, qui pourtant est extrêmement important, en qualité et en nombre.

Paradoxalement, la photographie est présente au musée dès la naissance de celui-ci. La plus ancienne photographie conservée dans les collections est un daguerréotype d’un relevé de la mosaïque gallo-romaine de Bergheim dont la découverte en 1848 signe l’acte de naissance du musée. L’attribution à Dieudonné Constant Vauthier (1819-1902), l’un des rares daguerréotypistes actifs à Colmar au milieu du XIXe siècle, est une hypothèse séduisante. Le procédé daguerréotypique – un positif sur plaque de cuivre recouvert d’argent – a été présenté en 1839, soit à peine une dizaine d’année avant la prise de vue. Malheureusement, la date de l’entrée de ce daguerréotype dans les collections est inconnue.

Par la suite, la photographie dans les collections colmariennes a souvent été tenue non pas pour une œuvre à part entière mais plutôt comme un matériel documentaire, sans doute en lien avec sa mécanique de reproductibilité, à l’opposé du concept d’unicité de l’œuvre d’art. Néanmoins, dès la création du musée, certains membres de la Société Schongauer se sont intéressés de très près à ce procédé de reproduction de l’image, comme Louis Hugot (1805-1864) qui commande à Eugène Adam une prise de vue de la Vierge au Buisson de Roses (notice 53) ou Ignace Chauffour (1808-1879). À son décès, celui-ci lègue à la ville de Colmar la totalité de ses collections qui, outre des objets d’art et des estampes, compte un nombre important de photographies de grandes signatures comme Baldus, Henri Le Secq, Charles Winter, Adolphe Braun ou Olympe Aguado. Plus tard, en 1870, est commandée une série de prises de vues des peintures rhénanes et de certaines salles du musée à Jean-Baptiste Gerst et Victor Schmidt.

Près d’un siècle se passe sans qu’aucun enrichissement significatif des collections soit identifiable. Mais l’année 1968 marque un tournant décisif avec l’entrée du fonds Braun qui compte près de 35 000 pièces réparties entre tirages, plaques de verre, albums… C’est ce fonds qui fait aujourd’hui la renommée de la collection photographique du musée qui peut s’enorgueillir de conserver par exemple les négatifs des portraits des personnalités du Second Empire et notamment ceux de la Comtesse de Castiglione.

Au cours des décennies suivantes, on peut noter quelques enrichissements notables comme les photographies de Pierre Betz ou encore des commandes à des artistes contemporains comme le travail mené par Marie Dréa sur le bâtiment des Bains Municipaux (photographie numérique, impression giclée).

 

Lieu : salle 8, 1er étage du musée Unterlinden

 

Catalogue disponible à la caisse du musée au prix de 12 €.

Auteurs : Benoît Delcourte, attaché de conservation et Magali Haas, documentaliste, chargés du cycle des 3 expositions-dossier Feuille(s) choisie(s)

Feuille(s) choisie(s) : photographies
 

Maison Mayer Frères & Pierson, Portrait du Prince impérial sur son poney avec Napoléon III, vers 1859, négatif sur verre au collodion,

musée Unterlinden, Colmar